Objection Votre Honneur



Publi le mercredi 13 février 2008


Mercredi 13 février 2008

RABASKA - LE SOPHISME POUR DÉFENDRE UNE ABERRATION

RABASKA -  DÉCONSTRUCTION  D’UNE  CHRONIQUE  TENDANCIEUSE

 

Dans sa chronique du dimanche 10 février 2008,  Alain Dubuc (AD) tente une fois de plus de défendre l’indéfendable projet de port méthanier Rabaska et le comportement inacceptable du gouvernement dans ce dossier. Voici mon opinion en réplique à cette chronique pour le moins subjective.

 

(AD) écrit : Avec les avis ministériels gardés secrets, voilà encore un rebondissement dans l’interminable débat autour de Rabaska.

Si ce projet était acceptable et répondait à un réel besoin de la société Québécoise, le gouvernement Charest n’aurait pas eu à cacher des avis ministériels et les débats ne se seraient pas éternisés. D’ailleurs le débat ne s’est pas éternisé pour Cacouna, mieux situé et qui pourrait assuré une deuxième source d’approvisionnement de gaz naturel amplement suffisante, compte tenu de notre très petit marché.

 

Parlant du mouvement d’opposition (AD) écrit : On sait sur quel piton on pèse lorsqu’on réussit à agiter l’existence d’une étude secrète.

Comme tout ce que touche le gouvernement Charest depuis 2003 fait apparaître des «pitons» rouges, il ne doit y avoir aucune ambivalence quant à la nécessité d’appuyer sur ce bouton pour en faire sortir le pu infecte de la magouille politique. Magouille qui prend ici la forme d’un gouvernement qui manœuvre et cache de l’information à sa population pour lui imposer un projet privé dont elle n’a absolument pas besoin. Un projet : 1° inutile, 2° nuisible à la navigation, 3° risqué pour la navigation, 4° risqué pour les résidents à proximité, 5° polluant et  6° incompatible avec la vocation touristique de la région de Québec.

 

Essayant de justifier le camouflage du gouvernement Charest, (AD) écrit : Ce ne serait que normal, (d’hésiter à rendre les avis publics)(..). Rabaska comporte des risques, des inconvénients, des coûts. L’essence même de la réflexion, c’est de voir si les «plus» l’emportent sur les «moins». Le problème c’est que dans la logique militante on refusera de faire cet exercice et qu’on ne parlera que des «moins».

Tout d’abord le gouvernement Charest n’a pas hésité de bonne foi, il a sciemment caché l’information par complicité et menti par la suite sur l’existence même des avis. Ensuite pourquoi serait-il normal pour un gouvernement de cacher l’information sur les inconvénients et les risques d’un projet privé aberrant comme Rabaska?  Il n’est quand même pas question ici de situation de guerre ou d’urgence catastrophique. Quant à savoir si les «plus» l’emportent sur les «moins», il importe de se demander « les plus pour qui »? S’il s’agit du bien être de la société, la question valait la peine d’être posée pour Cacouna. Mais en ce qui concerne Rabaska le projet est tellement aberrant à sa face même, que les «moins» fusent de partout. Il est tout à fait oiseux dans ces conditions de même poser la question. Quand Alain Dubuc pose la question, il ne peut s’agir d’autres choses que de «plus de profit» pour les capitalistes cupides et irresponsables qui ne cherchent qu’à s’enrichir au détriment de l’environnement et du patrimoine Québécois.

 

(AD) écrit : Si on privilégie une sorte de démocratie participative, il faut aussi accepter les règles du jeu du fonctionnement d’une démocratie. Il y a des mécanismes pour cela. (BAPE, TREMPOL, CPTAQ)  Ceux qui sont contre ne lâcheront jamais et ne se plieront pas à des mécanismes d’arbitrages et à des processus décisionnels.

Accepter  les règles du jeu du fonctionnement d’une démocratie; bien sûr mais à condition que personne ne fausse ou ne change ces règles en cours de route. Face à l’incompétence et à la complaisance irresponsable de l’examen du BAPE, du conflit d’intérêt découlant de la présence d’experts du promoteur sur le comité TREMPOL, du retrait par le ministre Claude Béchard du dossier Rabaska de la CPTAQ et enfin du camouflage des avis ministériels, nul ne peut oser exiger des opposants le respect de règles sachant très bien qu’elles ont été sciemment faussées.

 

(AD) écrit : En démocratie, il y a une telle chose que la majorité. Ce projet qui jouit d’un appui certain est bloqué par une minorité.

Encore ici la position de la majorité doit prévaloir à condition qu’elle résulte d’une analyse éclairée des vrais «plus» et des vrai «moins» d’un projet pour la société. Dans le cas de Rabaska la population de Lévis à été achetée avec une promesse de $10millions par année en taxes. D’autre part l’opinion publique du Québec a été manipulée par de la désinformation concernant en autres choses l’approvisionnement en GNL, les réserves de l’Ouest Canadien, le marché visé, l’évolution du prix du gaz naturel, les prétentions du programme de remplacement de mazout, l’impact environnemental et la banalisation des risques maritimes et terrestres. Quel est le niveau de ce supposé degré «d’appui certain» des populations les plus à risque soient celles de Beaumont, de Ste-Pétronille et de St-Laurent de l’Ile d’Orléans. La réalité est que ce projet est bulldozé par une minorité riche qui défend d’abord et avant tout ses intérêts financiers. S’y oppose une minorité socialement engagée qui défend l’environnement, le patrimoine et les résidents les plus touchés.  De tout temps les élections nous ont appris que celui qui a de l’argent peut se fabriquer une majorité sans trop s’enfarger dans la démocratie. La majorité indolente et silencieuse étant la matière première de cette fabrication d’occasion.

 

(AD) écrit : Et voilà pourquoi la transparence, certainement souhaitable, est souvent suicidaire. Comment résoudre ce dilemme? Honnêtement, je ne sais pas.

En fait la transparence est un synonyme de la vérité. Ici le dilemme s’apparente à celui du menteur invétéré, qui sait que la vérité serait certainement souhaitable mais qui sait aussi que la journée ou il dira la vérité, il perdra le peu de crédibilité qu’il croit qu’il lui reste. Il est coincé et son manque de courage le condamne au mensonge perpétuel pour ne pas perdre la face. Du moins celle qu’il croit encore avoir.

 

(AD) achève sa chronique par un petit calcul simplet de la part des revenus annuels potentiels de Power Corp. dans Rabaska. Il arrive à $14 864. Plutôt enfantin comme argument pour tenter de convaincre le lecteur que Power n’a que peu d’intérêts à voir Rabaska se réaliser. Nous en serions déjà convaincus si les Desmarais avaient tirés les ficelles du gouvernement Charest pour lui faire jouer son rôle de gardien des intérêts du Québec au lieu de le laisser agir comme valet du consortium Rabaska. Son rôle de gardien aurait été de dire NON à Rabaska parce que trop mal situé et OUI à Cacouna pour assurer une diversité d’approvisionnement en gaz naturel pour la Québec. Mais cela aurait exigé du leadership de la part du Premier Ministre. Son influence il a préféré l’exercer pour bloquer un investissement de $4 milliards de Siemens au Québec.

 

Conclusion :

Le Québec d’aujourd’hui est confronté aux défis colossaux du réchauffement de la planète, de l’épuisement des ressources, de la mondialisation, de la surconsommation, du vieillissement de la population, de la santé et de l’éducation. Le Québec aurait un urgent besoin de véritables leaders économiques visionnaires et de chroniqueurs économiques avant-gardistes, pour sortir sa communauté d’affaires du capitalisme sauvage, égoïste et parasite de fonds publics.

 

Malheureusement, que se soit les instituts de recherche économiques, les chambres de commerce, le patronat, les facultés de commerces, es ministères à vocation économique ou la chronique économique des médias, c’est la médiocrité économique et l’hypocrisie mur à mur. L’émission  Enquête de Radio Canada sur le dossier CHUM nous a fait voir le spectacle désolant  d’une bande de loosers égoïstes qui ont gaspillé $200 000 000 pendant 25 ans pour finir par accoucher d’un raboudinage du vieux St-LUC. Tous rabâchent sans arrêt les clichés destructeurs du profit, de la croissance économique sans fin et de la création de richesse, génératrice de déchets et d’inégalité sociale. Face à l’opposition des groupes sociaux et environnementaux, les affaireux  n’hésitent pas à manipuler le gouvernement et l’opinion publique en faisant appel à un discours hypocrite émaillé de termes vertueux comme l’emploi, le développement durable, la démocratie et les générations futures.

 

Notre classe dirigeante conformiste, médiocre et  rétrograde de même que ses sous-fifres médiatiques sont les premiers responsables de la régression actuelle du Québec face à l’évolution planétaire tout comme Duplessis et son entourage l’étaient dans la grande noirceur des années cinquante.

 

Qui seront les Jean Lesage et le René Lévesque de ce début de 21e siècle pour sortir le Québec de son capitalisme sauvage et débilitant? Ce capitalisme dont la cupidité le mène à la stupidité de détruire l’environnement physique et économique qui le fait vivre.

 

Supplique :

En attendant l’apparition de ces vrais leaders visionnaires,  est-ce trop demander aux portes paroles des pseudos lucides du capitalisme sauvage, qu’à défaut d’évoluer vers un capitalisme humain, écologique et responsable, ils cessent simplement d’insulter notre intelligence avec leur désinformation hypocrite. Nous pourrions ainsi régresser en paix. Cela serait déjà moins chiant et moins pénible.